Madagascar, une forêt à la dérive…

Un pays immense, des terres inaccessibles, une faune et une flore indescriptibles et à l’endémisme puissant! C’est tout cela à la fois Madagascar…. mais hélas, toute cette richesse naturelle et vivante disparait…

Doucement, les sols érodés prennent la place laissée par les anciennes forêts tropicales, décimées par les hommes. Pour plusieurs raisons parfois bien valables, que sont celles de se chauffer, de se nourrir ou de s’abriter… mais parfois aussi pour l’appat du gain, le travail du bois, la richesse des sous-sols…

Bien que je sois plus enclin à apprécier les piqures du froid à celles des moustiques et des sangsues, je dois admettre que Madagascar a quelque chose…. de multiple!

En effet, bien que biologiste un peu renseigné… j’avoue que se savoir à une encablure de l’Afrique tout en se croyant en Australie à quelque chose de déroutant. Tout semble être différent.. les gens sont d’une diversité à la hauteur de la diversité naturelle de leur ile.

En se penchant un peu sur l’histoire… la grande, on se souvient que durant le jurassique supérieur (-150 millions d’années quand même), l’Inde et Madagascar (encore unis) se sont séparé du continent africain en formation (le GONDWANA). De ce continent ancestral s’est aussi détaché l’Antarctique … L’Inde est alors remontée pour aller s’encastrer dans la LAURASIE pour former la chaine Himalayenne.

De ce passé commun, il reste bien des indices.. le plus frappant pour moi fut la nature ferralitique des sols… rouge vif! A certains moments, il est presque possible de s’imaginer en plein desert australien et se mettre espérer voir un Kangourou apparaitre dans un délire tout relatif. Il en résulte aussi une faune et une flore exubérante et à l’endémisme très marqué.

termitière sur le sol ferralitique de Madagascar – Sony @7R4 – 24-70 mm 2.8

Tout comme sa très grande soeur l’Australie, il est donc presque “normal” d’y trouver des animaux propres à elle… Les Kangourous, les Koalas ont leur vis-à-vis Malgaches: les lémuriens!

On y compte 110 espèces (et probablement l’une ou l’autre encore à découvrir dans les hauteurs et ses forêts inexplorées!). Ces pro-simiens (littéralement: avant les singes) auraient pu se maintenir sur terre justement car ils n’ont jamais croisés nos cousins, les grands singes. De tailles très variées allant du plus grand, l’Indri (mesurant près de 70cm) au Microcèbe de Berthe (nocturne de 9,5cm et étant répertorié comme le plus petit primate du monde), ils occupent tous les habitats de l’îles, des forêts humides de la côte Est aux forêts sèches de l’Ouest en passant par les Tsingy (formation calcaire hérissées et coupantes comme le rasoir).

Microcèbe de Berthe, le plus petit des primates sur terre.

Mais une menace gronde sur ce beau monde… j’y reviendrais dans une prochain articles..

à suivre